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Comment Multiplier un Abricotier : Le Guide Pratique du Greffage

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L'équipe LeJardinFacile

Publié le 20 mars 2026

Comment Multiplier un Abricotier : Le Guide Pratique du Greffage

Nous avons tous déjà dégusté un abricot incroyablement sucré et juteux, avec l’irrépressible envie de planter son noyau pour obtenir le même arbre dans notre jardin. Malheureusement, la nature est capricieuse : un noyau planté donnera un arbre sauvage (“franc”) dont les fruits seront souvent petits, acides et bien différents de l’abricot d’origine.

Pour multiplier un arbre fruitier à noyau tout en conservant exactement la même variété, une seule solution s’impose : le greffage.

Si le mot “greffe” peut faire peur aux jardiniers débutants, c’est en réalité une technique chirurgicale végétale fascinante et tout à fait accessible avec la bonne méthode. Voici notre guide complet pour comprendre et réussir la greffe de l’abricotier.

1. Pourquoi est-il indispensable de greffer ?

Le greffage consiste à assembler deux plantes pour qu’elles n’en fassent plus qu’une. Cette technique présente deux avantages majeurs et incontournables :

  • Le clonage parfait : Le greffon (le morceau de l’abricotier que vous voulez multiplier) conservera à 100% le patrimoine génétique de l’arbre mère. Vous êtes assuré d’avoir les mêmes fruits délicieux. Pour maximiser vos chances de voir ces fruits apparaître, découvrez nos conseils sur la pollinisation des fruitiers.
  • L’adaptation au sol : C’est le rôle du “porte-greffe” (l’arbre qui reçoit la greffe et qui fournit les racines). L’abricotier déteste les sols lourds et humides. En le greffant sur un prunier (comme le prunier Saint-Julien ou Myrobolan), votre abricotier pourra prospérer même dans une terre argileuse ! Si votre terre est très sèche et calcaire, un porte-greffe d’amandier ou de pêcher fera des merveilles.

2. La technique reine : La greffe en écusson

Les arbres à noyau (abricotiers, cerisiers, pêchers) produisent de la “gomme” lorsqu’on les blesse sévèrement, ce qui fait souvent échouer les greffes de printemps (comme la greffe en fente).

La méthode la plus douce, la plus sûre et la plus pratiquée est la greffe en écusson à œil dormant. C’est d’ailleurs une technique assez proche de celle utilisée pour la greffe du citronnier.

Le bon moment : Elle se réalise à la fin de l’été, entre la fin juillet et le début du mois de septembre. À cette période, la sève redescend doucement, l’écorce se détache facilement, et le bourgeon greffé aura le temps de se souder avant l’hiver sans se mettre à pousser immédiatement (d’où le terme “œil dormant”). Pour ne pas rater cette fenêtre de tir, consultez notre agenda de jardinage mensuel.

3. Le matériel nécessaire

La précision est de mise. Vous aurez besoin de :

  • Un greffoir : un petit couteau très spécifique, extrêmement tranchant, avec une spatule au bout pour décoller l’écorce.
  • De l’alcool à 70° pour désinfecter la lame.
  • Un porte-greffe (un jeune arbre planté l’année précédente, dont le tronc fait environ l’épaisseur d’un crayon à un doigt).
  • Des rameaux d’abricotier de l’année (les greffons), prélevés le matin même.
  • Du lien à greffer (bande à greffer élastique type Flexibande, ou du raphia humide).

4. La greffe étape par étape

La rapidité et la propreté sont les clés. Évitez de toucher les parties coupées avec vos doigts.

  1. Préparation du greffon : Sur votre rameau d’abricotier, coupez les feuilles en conservant environ 1 cm de leur tige (le pétiole). Ce petit bout de tige vous servira de “poignée”.
  2. L’entaille en T : Sur le porte-greffe, à environ 15 cm du sol, choisissez une zone bien lisse. Avec le greffoir, incisez l’écorce horizontalement sur 1,5 cm, puis verticalement sur 3 cm, pour former un “T”. Avec la spatule du greffoir, décollez délicatement l’écorce de chaque côté de la fente verticale.
  3. Le prélèvement de l’écusson : Prenez votre rameau d’abricotier. Glissez la lame du greffoir environ 1,5 cm sous un bourgeon (un “œil”) et remontez doucement pour prélever le bourgeon avec un petit bouclier d’écorce et très peu (voire pas du tout) de bois en dessous.
  4. L’insertion : Glissez immédiatement cet écusson sous l’écorce soulevée de l’entaille en T de votre porte-greffe. S’il dépasse un peu en haut du T, coupez l’excédent pour que l’écusson soit parfaitement plaqué.
  5. La ligature : Enroulez fermement votre bande à greffer (ou raphia) de bas en haut pour serrer l’écorce contre l’écusson, en veillant à ne surtout pas recouvrir le bourgeon.

Le Verdict Final

Comment savoir si vous avez réussi ? C’est très simple ! Surveillez le petit pétiole (la petite tige de feuille) que vous aviez laissé sur l’écusson. Au bout de 2 à 3 semaines, touchez-le légèrement. S’il tombe tout seul, c’est gagné : la sève passe, la greffe a pris ! S’il noircit, se dessèche et reste accroché, la greffe a malheureusement échoué.

Passez l’hiver sans rien toucher. Au printemps suivant, le bourgeon de votre abricotier va se réveiller et commencer à faire une tige. C’est à ce moment-là qu’il faudra couper le tronc du porte-greffe d’origine juste au-dessus de votre greffe, pour obliger toute la sève à nourrir votre nouvel abricotier.


Astuce du jardinier : Arrosez très copieusement votre porte-greffe 3 ou 4 jours avant de réaliser l’opération. Un arbre qui a soif a une écorce qui “colle” au bois, rendant l’entaille en T difficile à ouvrir. Bien arrosée, l’écorce se décollera toute seule !

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